« On vit comme des cons. On mange, on dort, on sort. Encore & encore. & encore. Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent : on mange autre chose, on dort mieux, ou moins bien, on sort ailleurs. Mais c'est pareil, sans but, sans intérêt. On continue, on se fixe des objectifs factices. Pouvoir.Fric . Réussite. On se défonce à la réaliser . Soit on ne les réalise jamais & on est frustrés pour l'éternité, sois on y parvient, & on se rend compte qu'on s'en fout .& puis qu'on le veuille ou non, on attend toujours quelque chose .Sinon on presserait sur la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on appuierait sur la lame de rasoir jusqu'à ce que le sang gicle .On tente de se distraire, on cherche l'amour, on croit le trouver, puis on retombe .De haut .On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu'on la maîtrise . on frôle le neant, on frôle l'overdose. Ça fait peur aux parents. Il y en a qui essaient de faire quelque chose, d'autres qui déclarent forfait. Il y en a qui ne sont jamais là, qui ne disent jamais rien, & on finit par ne plus savoir ce qui compte, justement .Les limites s'estompent. On est comme un électron libre. On a de l'argents à la place du cerveau, & rien à la place du coeur, on est plus dans nos lits qu'on ne va en cours, & on n'a pas le droit de s'en plaindre parcequ'on est jeune & parce qu'il paraît qu'on a tout pour être heureux. & on crève bourrés d'antidépresseurs, dans ce monde qu'on deteste avec le
sourire aux lèvres... »